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Spéciale « T’es rien sans la Terre » (article, diaporama et galerie)

(Diaporama et galerie en fin d’article)

Dimanche 12 juillet s’est déroulé au Plan d’eau de Veynes, l’évènement « T’es rien sans la Terre« . Acteurs de cultureS de l’esprit comme de la terre se sont rassemblés pour apporter leur pierre à l’édifice de notre vie sur la petite planète bleue.

Initialement prévu à Gap, sur le Domaine de Charance, malgré l’accord de la Préfecture, le Maire, Roger Didier, a annulé l’évènement pour surjouer les protecteurs sanitaires au delà des imites raisonnables. Et puis il est très occupé a courir derrière les pigeons gapençais afin de les faire asphyxier… On a les occupations qu’on peut.

Qu’à cela ne tienne, les organisateurs ont trouvé une écoute et un accord immédiat avec le nouveau Maire de Veynes: Christian Gilardeau. Celui-ci n’a pas hésité et se dit prêt a accueillir l’évènement pour en faire un rendez-vous annuel si tel est le désir du collectif. Il a aussi annoncé qu’il ferait de sa commune une « ville zéro pesticide » qui est l’une des demandes des militants.

Christian Gilardeau, Maire de Veynes, félicitant les organisateurs (© L.Artaud-AARimages)

Finalement, le magnifique Plan d’eau des Iscles à Veynes s’est avéré bien plus intéressant et adapté. Ami-e-s touristes, n’hésitez pas à y faire un tour, c’est un vrai petit paradis, gratuit, surveillé et très bien aménagé.

Lors de la Conférence de presse organisée à la fin de la journée, la SPAN 05 a rappelé que le département bénéficiait d’un grand taux de conversion des terres en bio (28% des surfaces), ce qui est un bon présage pour l’avenir. Cependant, il y a des « gap » comme on dit dans la bouillie haut-alpine…

Aurélie Dauphin-Artiste et Baptiste Vialet de la Confédération paysanne. (© Julien ROYER-AARimages)

La Confédération paysanne note que sur les 350 demandes d’installations des 3 dernières années, (pas toutes bio mais paysannes… La nuance est faible), la moitié émanent de femmes qui peinent à trouver des terres et des exploitations malgré leur volonté. Nous consacrerons un article à la rentrée sur « Comment devenir paysanne au pays des hommes« .

Une lettre a été distribuée aux citoyens présents pour qu’ils demandent à leur maire de signer des arrêtés anti pesticides. Les saccages sur la biodiversité sont tels que le débat n’est pas « si » mais « quand » seront-ils interdits. Pour le responsable local de France Nature Environnement, il faut désormais aller au conflit juridique pour faire vraiment avancer les choses. Cependant, il admet que son discours est minoritaire et que pour le moment la « prise de conscience » est privilégiée.

Une autre demande est faite par les organisateurs sur la représentation associative, syndicale et citoyenne au sein des structures décisionnaires. L’objectif est d’associer les citoyens à tous les niveaux de décisions institutionnelles.

Leo Artaud

« T’es rien sans la terre » (Par Julien ROYER)

Ce dimanche 12 juillet 2020 avait lieu l’événement «T’es rien sans la terre » au plan d’eau de Veynes. Il a réuni plusieurs artistes, défenseurs de la nature et des agriculteurs.

Le collectif est piloté par différents artistes, venant, notamment, du Cirque du Soleil mais, aussi d’autres horizons. Leur but premier est de rassembler les gens entre eux, des artistes, des militants, des agriculteurs et des citoyens de tous bords afin de pouvoir échanger et agir sur les questions environnementales en utilisant l’art comme plaidoyer.

Ils veulent rassembler le plus grand nombre de personnes afin que les citoyens puissent avoir le plus de poids sur les décisions environnementales de nos politiques.   Tout cela est parti pendant le confinement à cause de la porcherie de Chabottes au dessus du Drac qui a été autorisée à être exploitée de nouveau par la Préfecture de Gap.

Cette porcherie, selon la sapn05, représente un danger de pollution aux nitrates pour la nappe alluviale du Drac (à cause des déjections des cochons). Cette source alimente en eau potable le Champsaur et le bassin Gapençais.

La crise du covid-19 est aussi un signal sérieux pour eux et les non sens environnementaux, comme ce genre de ferme industrielle présente à Chabottes, en sont en partie responsables ou amplifiants.

La porcherie des 1000 cochons n’est qu’un exemple parmi d’autres, nos modes de consommations, d’agricultures, de transports, sont aussi à remettre en cause selon « T’es rien sans la terre». C’est pour toutes ses raisons que ce collectif à choisi de créer cet événement de taille. Les membres de ce collectif sortent des sentiers habituels et innovent en matière de rassemblements et de luttes, peut être le début d’un souffle nouveau au sein du militantisme vert.

Petit entretien avec Jean Michel Bertrand, l’un des parrains de l’évènement (avec Stéphanie Bodet, Vincent Munier, Jean-François Noblet… Entre autres) rencontré sur le stand de son fils photographe.

Jean-Michel Bertrand (© Julien ROYER-AARimages)

Pourquoi avez-vous accepté d’être un des parrains de «T’es rien sans la terre» ?

J’ai trouvé que c’était une initiative sympa, une démarche spontanée de la jeunesse, pour cela que j’ai accepté d’être parrain de ce collectif. Il m’est apparu important aussi de les soutenir dans leur lutte car pour l’instant les politiques ne se sont pas emparés des problèmes environnementaux. Ils restent toujours dans leur politique ancienne et visent le très court terme!

Que pensez-vous de la situation actuelle?

D’un côté cette situation est négative avec un côté anxiogène et d’un autre côté des gens se battent quand même pour avoir un nouvel avenir, c’est le côté positif! Tout ce qui est présenté aujourd’hui, à ce rassemblement, doit devenir une évidence! Que les circuits courts soit prioritaires, le bio… en plus tout cela est intéressant financièrement. Il va falloir avoir une vraie volonté politique de changer les choses, parce que c’est bien eux qui ont le pouvoir! Il faut que cela devienne une vraie volonté sociale!

Diaporama des allées de l’évènement:

Galerie: de la nature humaine à l’art de la nature…

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