Mouvement social et luttes

Conseil départemental: « On est là »… Oui mais où?

Le 30 juin avait lieu une journée de grève et de manifestation des agents de la Maison des solidarités de Gap. Malgré la communication du Conseil Départemental qui affichait il y a peu « On est là », il semble que ce « là » n’était que sur l’affiche.

Rassemblement des agents de la Maison des solidarités le 30 juin devant le Conseil Départemental (Photo: Leo Artaud)

Les travaux de rénovation de la MDS Cézanne s’avèrent plus important que ce qui était annoncé aux agents qui ont dut travailler dans des condition d’insécurité manifestes et pour eux et pour les citoyens accueillis dans les locaux. Ce sont les ouvriers qui ont informé les employés qu’il y avait un désamiantage en cours et des travaux conséquents.

Les petits travaux du dimanche… (Photo: Sud-Solidaires 05)

Depuis plusieurs semaines, après le gros orage qui a rendu les locaux inutilisables en plus des travaux, malgré les annonces du CD, les agents sont ballotés de bureaux en bureaux sans savoir où ils vont pouvoir travailler sereinement à leur mission de solidarité.

Après le passage de l’orage… (Photos: Sud-Solidaires 05)

Des petits travaux du dimanche… C’est ainsi que la direction du Conseil départemental avait présenté la chose aux salariés de la Maison Cézanne qui gère, entre autres, l’aide sociale à l’enfance, l’insertion des plus précaires, les services d’assistance sociale etc…

Communiqué du syndicat « SUD-SOLIDAIRES 05 Collectivités Territoriales »

Stéphane Bernard, agent de la Maison des solidarités (Photo: Leo Artaud)

« Après nous avoir inondées d’affiches nous disant «on est là», le syndicat SUD CT 05 dénonce les manquements du Département à l’égard de leurs missions de service public,à l’égard de leurs agent-e-s et à l’égard des habitant-e- sdes Hautes-Alpes.

Non, ils ne sont pas là! Ils ne sont pas là pour assurer des conditions de travail sécurisées à leurs agent-e-s, ces dernier-e-s s’étant retrouvés en danger en accueillant du public au milieu des travaux de rénovation de la MDS Gap-Cézanne. Le Département préférant faire des économies plutôt que de favoriser le service rendu à la population en refusant de reloger les agent-e-s durant la durée des travaux.

Résultat des courses: du bruit, de la poussière, du désamiantage, de l’eau qui s’infiltre et les faux plafonds qui s’effondrent le tout au milieu des usager-e-s, sans même parler des issues de secours bloquées par les échafaudages. Au final, la décision de fermer de la Maison des Solidarités le 29 mai.

Depuis un mois, la direction nous promet toutes les semaines de nouveaux locaux sans que les agent-e-s ne voient rien venir. Et que dire de l’attitude de cette même direction qui compare ces travaux dans un lieu accueillant du public à de simples travaux chez un particulier. Et que dire du Directeur Général des Services qui s’invite à une réunion à laquelle il n’était pas convié pour sermonner au milieu de leurs collègues (…) ayant osé se plaindre de leurs conditions de travail via leurs boites mail.

En plus de devoir travailler dans des conditions indignes de notre collectivité, les agent-e-S doivent subir l’arrogance et le mépris d’une direction qui nie en bloc sa responsabilité et tous risques psychosociaux pour des professionnels attachés à leurs métiers et qui ne peuvent plus travailler dans des conditions acceptables. 

Le Département annonce avoir réussi à faire des économies, mais à quel prix?Alors que la situation sanitaire et sociale se dégrade pour beaucoup de citoyens du Département, les agent-e-s des services sociaux et médicaux de la plus grande MDS du Département ne sont plus en capacité d’accueillir le public comme ils le devraient depuis plusieurs semaines. Certain-e-s sont même obligé-es de travailler à leur domicile, comme durant le confinement, en utilisant leurs ordinateurs ou téléphones personnels. Tout ceci sous le regard indifférent du Président du Conseil Départemental qui n’a même pas jugé bon d’encourager l’équipe dans un tel moment. »

Autre sujet de préoccupation, la prime annoncée le 15 avril par le gouvernement pour les personnes les plus touchées économiquement par la crise sanitaire. Alors qu’elle était annoncée comme aide sociale exceptionnelle, le Département des hautes-Alpes la comptabilise comme « revenu ». C’est une particularité locale qui pose énormément de problème (calcul sur les ressources…) et dénature la fonction initiale de la « prime » d’état. On pourrait se demander, si nous étions « mauvais esprit (ce que nous sommes !) si l’annonce des chèques vacances pour les « premiers de corvée » ne serait pas « Paul déshabillé pour habiller Jacques ».

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