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Météo gapençaise du 20 juin 2020

Le temps est au beau fixe. Grand soleil et faible taux d’humidité sont au rendez-vous. Les températures pour grimper jusqu’à 28° et une bise de 13 à 16kmh rafraîchira les joues rosies des ex confinés encore palots et fera danser les martinets, les fauvettes, les moineaux et les rougequeues. C’est un beau jour pour s’aimer, se le dire, et se jouer des ombres des bâtisses et des arbres pour faire des photos en contre-jour.

Naît le 20 juin 1759 la poétesse Marceline Desbordes-Valmore. Plonger dans sa vie c’est se noyer dans les larmes et l’admiration. Les larmes d’une existence vouée à pleurer la mort de ses enfants (sauf une) et l’admiration d’une créatrice qui a inventé de la poésie en dehors des clous, des standards, des règles « académiques ». Mais vous le savez… une poétesse ça ne se raconte pas, ça se lit, se vit, s’écoute… Elle fut également cantatrice, comédienne, dès l’âge de 16 ans où elle jouait au théâtre, les ingénues.

Si ta vie obscure et charmée
Coule à l’ombre de quelques fleurs,
Âme orageuse mais calmée
Dans ce rêve pur et sans pleurs,
Sur les biens que le ciel te donne,
Crois-moi :
Pour que le sort te les pardonne,
Tais-toi !

Mais si l’amour d’une main sûre
T’a frappée à ne plus guérir,
Si tu languis de ta blessure
Jusqu’à souhaiter d’en mourir,
Devant tous, et devant toi-même,
Crois-moi :
Par un effort doux et suprême,
Tais-toi !

Vois-tu ! Les profondes paroles
Qui sortent d’un vrai désespoir
N’entrent pas aux âmes frivoles
Si cruelles sans le savoir !
Ne dis qu’à Dieu ce qu’il faut dire,
Crois-moi :
Et couvrant ta mort d’un sourire,
Tais-toi !

Encore aujourd’hui mise en musique notamment par Julien Clerc ou Benjamin Biolay…

« N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu
… qu’à toi, si je t’aimais !« 

Les installés plumardiers disaient d’elle qu’elle n’était que paresseuse et pauvresse des mots… C’était donner de la confiture de génie à de maigres esprits sans envergure. Mais d’autres comme Balzac, Verlaine, Baudelaire, ne se sont pas laissés prendre et ont admiré Marceline ! Ella a forcé les syllabes de onze pieds de long, joué des sonorités comme le musicien des silences et des contrepoints et c’est cela qui emmerdait les puristes.

Ah ! que le monde est difficile !
Hélas ! il n’est pas fait pour moi.
Ma sœur, en ton obscur asile,
J’étais plus heureuse avec toi.
On m’appelle ici l’étrangère ;
C’est le nom de qui n’a point d’or.
Si je ris, je suis trop légère ;
Si je rêve… on en parle encor.

Si je mêle à ma chevelure
La fleur que j’aimais dans nos bois,
Je suis, dit-on, dans ma parure,
Timide et coquette à la fois ;
Puis-je ne pas la trouver belle ?
Le printemps en a fait mon bien :
Pour me parer je n’avais qu’elle ;
On l’effeuille, et je n’ai plus rien.

Je sors de cet âge paisible,
Où l’on joue avec le malheur :
Je m’éveille, je suis sensible,
Et je l’apprends par la douleur.
Un seul être à moi s’intéresse ;
Il n’a rien dit, mais je le vois ;
Et je vois même, à sa tristesse,
Qu’il est étranger comme moi.

Ah ! si son regard plein de charmes
Recèle un doux rayon d’espoir,
Quelle main essuiera les larmes
Qui m’empêchent de l’entrevoir ?
Soumise au monde qui m’observe,
Je dois mourir, jamais pleurer ;
Et je n’use qu’avec réserve
Du triste espoir de soupirer !

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