Mouvement social et luttes

L’appel du 16 juin 2020!

Départ du cortège-16 juin 2020 (© copyright Julien ROYER)

Il y a un temps pour tout: celui des applaudissements au balcon et celui des poings levés sur le pavé. Ils étaient des dizaines de milliers dans toute la France: soignants, premiers de corvées, à l’appel des syndicats et de mouvements citoyens, pour manifester contre la casse du système de santé. Ils étaient bien décidés à mettre la pression sur le « Ségur de la santé » organisé par le gouvernement pour que celui-ci n’accouche pas d’une crotte de souris.

(© copyright Julien ROYER)

A Gap, ils étaient pas moins d’un millier venus de tout le département pour ce premier rendez-vous post-confinement. Même la CFDT était de la partie, c’est dire que le compte minimum n’y est pas.

La nécessité d’un contre-pouvoir populaire, après la gestion désastreuse de la crise sanitaire fondée sur les manques et les casses du service public, est primordial pour aborder les prochaines crises, car il y en aura, autrement que sur la défensive et l’hystérie collective. « Plus de bla-bla, on a donné déjà » disent en substance les citoyens de France en première ligne de front. Ils veulent des actes concrets, un plan à la mesure des nouvelles problématiques.

Deux appels, l’un partant de l’Hôpital et l’autre du Conseil départemental se sont retrouvés et on fait cortège autour du Centre-ville jusqu’à l’Esplanade Nelson Mandela.

Malgré l’ambiance « bon enfant » il ne faut pas s’y tromper… Il y a là une colère qui dépasse le cadre habituel des mobilisations revendicatives que les médailles en chocolat et les primes convenues ne sauraient taire. On a vu à Nantes des policiers déposer leurs casques devant les soignants; ce n’est pas seulement pour rendre un hommage ponctuel mais bien pour soutenir une certaine idée du service public mise à mal par une politique de déstructuration de notre modèle social qui, n’en déplaise à certains, est une part fondamentale de notre socle de société commun.

Lorsque certains voudraient faire avaler la couleuvre nationaliste, le racisme, la légitime violence d’état qui nous feraient identité, ces mobilisations nous ramènent à une réalité simple: C’est la Sécurité sociale dans son ensemble, dans sa globalité, celle de la santé pour tous, de l’éducation pour tous, de l’égalité en droit, de la solidarité qui forge notre pays et fonde notre liberté. Le reste n’est que vent de haine pour les uns, et commerce de vide pour les autres. Si nous ne préservons pas cette richesse humaine, alors nous ne préserverons que le marbre de la pierre tombale de la République… On pourra toujours la lustrer, la faire briller, ceux d’en haut pourront se raconter des histoires, elle n’existera plus que dans les livres poussiéreux des bibliothèques fermées. L’enjeu est donc de taille.

(© copyright Julien ROYER)

Il n’y aura pas de transition écologique, de refondation démocratique si la bataille sociale est perdue. Cette guerre est bien réelle et engage toutes les composantes politiques, syndicales, associatives, citoyennes, sans exception ni exclusive. Ce n’est pas une lutte partisane, c’est une question de choix de société. C’est l’affaire de tous, les médias compris.

Un nouvel appel à mobilisation est en préparation pour le 30 juin. Nous relayerons cet appel dès que nous aurons des précisions sur l’horaire et le lieu de rendez-vous.

Leo Artaud. Photos: Julien ROYER

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