Mouvement social et luttes

Racisme et violences policières: Gap tente de se mobiliser.

Malgré le temps peu favorable, jeudi dernier, ils furent une quarantaine de gapençais a braver les éléments devant le tribunal pour dénoncer les violences racistes policières en France et dans le monde.

Rassemblement du 4 juin dernier devant le tribunal de Gap (Photo © copyright Julien Royer)

L’initiative était citoyenne et spontanée, ce qui explique la faible mobilisation mais elle a eu le mérite d’exister. L’objectif de ces rassemblements n’est pas de rejeter toute la police mais une partie d’entre elle qui ne respecte pas ce qu’on appelle « le pacte républicain ». Les opposants à ces appels arguent du fait qu’il y a aussi de la violence populaire, mais c’est un argument fallacieux tant la nature des droits, des pouvoirs sont différents selon que l’on soit du côté de la force dite « légitime » ou pas.

En niant ou minimisant les problématiques de violence et de racisme, le Ministre de l’Intérieur, les autorités, certains syndicats policiers, participent du désordre social de notre pays. Se pose, indéniablement, la question de la formation et de la philosophie des forces de l’ordre lorsqu’elles ne gardent plus la paix. Un certain nombre de témoignages sur les réseaux dits « sociaux » et de fuites, montrent que notre police, nos institutions, ne sont pas seulement écorchées par des réactions épidermiques qui peuvent conduire à des dérives solitaires, mais qu’il existe bien une fange fasciste et raciste qui prend de plus en plus de volume au fur et à mesure du temps.

Le citoyen lambda ne sait pas quoi faire avec cet état de fait… La police sauve aussi des gens et la plupart de ses membres ont à cœur de les protéger. Mais ils sont aussi sous la pression hiérarchique et politique, à la fois, d’une certaine « rentabilité » et envoyés sur des missions qui ne relèvent plus de la nature première de la fonction. Des ordres contradictoires, des missions de surveillance comme celles de la cellule dite « DEMETER », des obligations de résultats contraventionnels… Et une culture de la « police par la peur » conduisent beaucoup des fonctionnaires au suicide, en soin psychiatrique et parfois en pousse certains à une violence démesurée. Mais toutes ces dérives humaines ne doivent pas nous cacher une autre réalité: l’infiltration politique fasciste au sein des institutions et pas que de la police. Le racisme et la discrimination sociale s’inscrivent également dans l’attribution de logement, l’embauche ou le traitement de dossiers administratifs.

L’instabilité liée à la réformite aiguë contribue également au désordre, aux peurs, aux angoisses d’un pays qui n’a jamais été aussi riche même après la gestion désastreuse de la crise sanitaire. Le retour au calme et à la raison doit passer d’abord pas un arrêt de cette réformite qui ne relève pas du progrès mais de l’absurdité et la volonté de quelques égos qui veulent avoir une loi à leur nom.

La politique économique fondée sur la compétition permanente ne permet pas non plus de poser les choses et de simplement organiser sa vie dans la sérénité. Notre République est en vrac et la police, qui en garde non plus les fondements mais les individus qui la détruise au nom d’une idéologie du profit, se retrouve le cul entre deux chaises et ce déséquilibre génère des réactions que la population peine à toujours bien comprendre.

Tout cela participe de la montée des haines, des colères, des situations d’insurrection. Pour avoir une police au service de la démocratie, encore faudrait-il avoir une démocratie digne de ce nom. La notre est usée, fatiguée… et moisie par certains endroits sous les tapis dorés et les culottes de soie qui cachent les culs merdeux (pour paraphraser Napoléon) là haut, trop haut, dans les sphères protégées du pouvoir.

Xavier Chanoine

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