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Gap à l’heure du « déconfinement »:

Samedi 9 mai se tenaient deux points presse précisant les mesures dites de « déconfinement », le 1er par le maire Roger Didier et le second par Martine Clavel, Préfète des Hautes-Alpes.

en préambule, l’avis de la rédaction:

Le terme « déconfinement » est impropre et nous devrions plutôt parler de confinement allégé ou sélectif. Même si les moyens sont loin d’être à la hauteur, nous sommes plus dans un scénario à la coréenne (du sud, je vous rassure) ou à l’allemande et implique que chacun accepte de faire attention. Malgré tout, il reste encore des interdits réprimés (maladie française qui semble incurable). Nous sommes toujours dans un régime d’état d’urgence (et donc autoritaire par nature) jusqu’au prochain vote du 10 juillet prochain. Il ne s’agit donc pas de fêter la « liberté retrouvée » mais seulement d’une nouvelle étape de restrictions.

La liberté de circulation n’est pas rétablie mais la limitation est élargie à un périmètre de 100 kms (à vol d’oiseau) et l’auto-attestation est suspendue dans cette limite, mais au delà elle reste la règle. (une nouvelle va être publiée par le ministère). Dans notre ville, les parcs et jardins vont être rouverts avec des gestes barrières a respecter. Les écoles vont rouvrir mais avec des restrictions d’accès et des limitations propre à chaque établissement. Pour les plans d’eau, lacs, plages… La préfecture semble assez ouverte et devrait d’ici à 10 jours donner des autorisations selon les mesures que les maires proposeront.


Périmètre 100kms à partir de Gap-image réalisée par nos soins avec l’application Map devellopers

A Gap, si les 15 premiers jours ont été plutôt très respectés, on a pu voir de nos yeux vus (sic) qu’au fur et à mesure, le relâchement était plutôt de mise mais, c’est notre avis, avec prudence et raison par la population… Grosso-modo.

Pour ce qui est des commerces, si les épiceries, boulangeries etc, du Centre-ville ont très vite adoptés des mesures sanitaires adaptées, au niveau des grandes surfaces, le grand n’importe-quoi a été plutôt la règle. Ce qui nous fait penser qu’il est peut-être plus aisé pour une petite structure d’être opérationnelle et que la fermeture de la plupart d’entre-elles a obligé de fréquenter les lieux plus dangereux que sont les grands magasins.

1er marché Gap en mode « barrières » (©Leo Artaud)

La solidarité gapençaise n’a pas failli et, comme partout en France, des réseaux se sont très vite mis en place pour pallier aux carences institutionnelles. Qu’ils soient en ligne avec les réseaux sociaux, ou humains avec des petites mains ouvrières professionnelles ou non, masques et aides alimentaires se sont organisés avec les moyens du bord qui sont toujours limités, quelle que soit la période. Malgré toutes les bonnes volontés, la casse sociale, psychologique et sanitaire va revenir comme un boomerang et le choc va être extrêmement douloureux. Reports de soins, isolement, carences, violences intra familiales, pertes économiques, La Capitale douce n’échappera pas à des heures difficiles et noires.

Pour ce qui est des institutions… Petite préfecture de province d’un territoire particulier, notre avis est que les élus en place et les fonctionnaires d’état ont fait ce qu’ils avaient à faire sans en rajouter en positif comme en négatif. On a pu remarquer quelques excès de zèle mais, à l’inverse des souplesses également. On peut toujours ergoter sur les détails ici et là, mais dans l’ensemble, nous n’avons pas grand mal à en dire et nous n’allons pas le faire pour le plaisir.

Sur le champ politique… La droite a complètement été absente, l’extrême-droite aussi mais ça on s’en réjouit, et la gauche en dents d’scie… Divisée entre volonté d’action concrète et instauration de débats sur « le monde d’après »… cette crise ne lui a pas permise, pour le moment, de sortir de l’impasse organique dans laquelle elle se trouvait avant. De belles initiatives se sont mises en place: collectes solidaires, distributions alimentaires (Autonomes, France insoumise) et organisations de conférences virtuelles de réflexion (plus jamais ça! Les Alpes d’après). Il est compliqué d’en penser quoi que ce soit à l’instant-T, mais des lignes ont tout de même bougé un peu mais peut-être par effet d’aubaine plus que sur la base d’une construction nouvelle. L’action concrète par les collectes alimentaires nous semble mieux répondre à l’histoire de la gauche dans ce type de moment que les débats dans une situation de confinement, de peur, de manque, de stress, d’insécurité familiale,le ventre vide et l’inégalité numérique… La révolution.com a ses limites et l’intellectualisation ne sort pas vraiment des cercles intellectuels. Mais c’est mieux que d’être complètement absent.

Conclusion: la stratégie de confinement à la française ne prouve pas son efficacité en la comparant à d’autres stratégies. En revanche, elle provoque des conséquences sociales par effet domino d’une ampleur difficile à mesurer aujourd’hui. C’est la raison de cette nouvelle étape. Alors que des entreprises de divers secteurs (labo, textile, ingénierie…) se sont dites prêtes à produire, l’état continue de la jouer petits bras et de restreindre les autorisations, ce qui est un contresens pour un régime de type libéral. Sur le plan écologique, le compte n’y est pas non plus: si les émissions de gaz à effet de serre ont un peu diminué, le retour à la production inutile va retrouer la couche d’ozone en moins de temps qu’il faut pour le dire. Sans changement radical de paradigme eco-économique, le monde d’après est déjà pire que celui d’avant. Amazon et les GAFAM sont les grands gagnants de cette crise et le MEDEF à déjà la bave qui lui sort de la bouche et les yeux qui sortent de l’orbite face aux profits à se faire sur la misère à venir.

Localement, nous relayons l’initiative de Jean-Claude Eyraud auprès de la députée Pascale Boyer qui lui a assuré que le chômage partiel sera maintenu pour les saisonniers dans les semaines à venir (communiqué ci-dessous).

COMMUNIQUE de jean-Claude Eyraud

Jean-Claude Eyraud (Ressource Twitter-retouche NC)

Le 8 mai en fin de journée, j’ai interpelé les parlementaires des Hautes-Alpes en ces termes « nous avons pris connaissance des mesures annoncées par le président de la république mercredi dernier concernant l’art et la culture. Toutefois nous n’avons pas encore eu connaissance des décisions prises pour les saisonniers et notamment les saisonniers du tourisme.La préfecture des HA nous a annoncé dernièrement que des mesures étaient à l’étude. Merci de nous tenir informé des dispositions envisagées. Ce serait bien que les partenaires sociaux soient associés à la négociation »

Madame Pascale Boyer députée de la première circonscription des HA m’a répondu rapidement « Les travaux se déroulent actuellement au sein du cabinet de jean Baptiste Lemoyne  Secrétaire d’état en charge du tourisme. Si vous avez des propositions je les fais remonter ».

J’ai immédiatement répondu « Face à une saison estivale très compromise, il me semble que la mise en activité partielle immédiate de l’ensemble des ces salariés impactés par la fermeture des entreprises s’impose. Ces mesures d’urgence sont un moyen d’éviter que des milliers de salariés saisonniers du tourisme ne se retrouvent dans une extrême précarité ».

Réponse de Mme la député « J’ai fait remonter cette proposition qui a été prise en considération puisque le chômage partiel est maintenu pour les salariés de la filière tourisme pour la période d’été ».
Une bonne nouvelle qui faut maintenant concrétiser.
Il faudra être attentif et vigilant aux modalités de mise en œuvre.
GAP le 10 mai 2020
Jean-Claude EYRAUD

Communiqué Ville de Gap

Communiqué de la Préfecture des Hautes-Alpes

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