La chronique de Raoul

La chronique de Raoul: Liberté chérie !

Raoul

La liberté est-elle une affaire de conscience personnelle ou de droit collectif? Le droit, la loi, sont-ils compatibles avec la liberté?… Qu’est-ce que cette affaire exactement?

Fragrances (©copyright Aurore ALTHEN-Droits réservés)

On entend beaucoup de philosophes… Enfin ! de diplômés en philosophie, en parler mais souvent avec des injonctions. « La liberté c’est ceci ou cela selon la thèse de machin-chose, qui d’ailleurs, soit-dit en passant, couchait avec la femme ou le garçon d’écurie, et parfois les deux, du comte de machin-truc » Si… Les diplômés en philosophie ont toujours besoin de citer plein de noms, de gens, de théories, de thèses… C’est comme les curés… il leur faut toujours faire référence au texte de Saint-bidule dans le livre du saint-trucmuche. Un docteur en philosophie est un curé de la pensée. Autour, il y a les ouailles, les pratiquants, les bergers (avec ou sans bâton) et les agneaux perdus (ça, c’est vous et moi).

Nous, on s’en fout ! On n’a pas eu le temps de se consacrer à tout ça parce qu’on a beaucoup fait la teuf, l’amour et géré les emmerdes au fur et à mesure. Enfin… Nous… Moi en tout cas (surtout la teuf et les emmerdes! )Attention ! Ne nous méprenons pas, je ne suggère pas qu’il ne faut pas étudier… Je dis juste que vivre est aussi une manière d’étudier. Exemple: dès qu’on a fini un livre, on s’envoie une roteuse, on pète un coup et on va danser ! C’est la meilleure méthode pour savoir si c’est vraiment intéressant…. Si le lendemain, La tronche dans l’séant, reviennent les bonnes lignes, c’est que c’était sûrement intéressant.

Mais attention, une thèse, une synthèse, une antithèse… ça ne fait pas usage de prothèse ! Ce sont juste des cailloux, des fleurs, des ronces, des papillons, des lézards, des vipères, qu’on croise au long d’un chemin qui nous est propre. Et la liberté est là… Dans ce que tu retiens du chemin sur lequel tu chemines et ce que tu décides, toi et seulement toi, d’en penser et de ce que tu en feras par la suite.

(Ressource web)

C’est un peu la longueur de chaîne que tu t’imposes. Paradoxe, la liberté est la masse de contraintes, de limites, de morales même, que toi, et toi seul, décide de te fixer à un moment ou un autre mais avec la possibilité permanente de changer d’avis. Ainsi, posséder beaucoup est liberticide puisque tu réduis ta possibilité de changer d’avis étant devenu dépendant de tes possessions. La propriété n’est pas le vol, c’est l’empêchement de l’envol.

L’anarchie, suggérait Brassens (eh voilà ! on ne peut pas s’empêcher de citer!), c’est d’abord de faire chier le moins possible son voisin… C’était une autre manière de dire « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Mais n’est-ce pas là un début de conscience collective qui induit une morale commune et conduit l’anarchisme à être liberticide de prime abord? Pas si sûr tant qu’elle ne se fédère pas. Tant qu’elle reste, naturellement, une vision poétique et jamais philosophique. Tant qu’elle n’entre pas dans le champ religieux avec ses codes, ses signes, ses drapeaux, ses couleurs, ses colères unitaires et ses idoles aussi.

(yin et yang-Ressource web)

L’anarchie et la liberté seraient un peu comme le yin et yang… Et il n’y a guère qu’au milieu du désert, de l’immensité de la mer, de la terrifiante immensité des montagnes ou des grandes plaines sans fin qu’on peut se mesurer avec son yin et son yang, non? C’est dans la vraie solitude que se jouent les grands équilibres personnels. C’est face à l’inéluctable de la vie comme de la mort, de la véritable joie comme de la souffrance que tu sais exactement où se trouvent les limites, les contraintes qui ne dépendent plus de toi mais où seul toi compte. Aucune loi, aucun droit, aucune morale commune n’a de rapport avec la liberté. Bien des hommes, des femmes, des enfants embastillés, dans des prisons, des hôpitaux, des orphelinats, des foyers, des sociétés de tout genre, sont plus libres que n’importe quel « anar » qui a trop lu et pas assez vécu ou trop cru sans n’avoir jamais vraiment vu.

Tout ça pour dire quoi? Rien… C’était juste pour le plaisir de te dire: Sois libre et t’es toi !

A moins que la liberté ne soit qu’un spectre, un fantôme, une idée venant de l’au-delà de l’en-dessous… Une jolie idée du sexe qu’on préfère selon, un fantasme, un doux rêve qui fait mal au réveil…

Raoul

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