L'édito

« Plus jamais ça ! » mais « ça » quoi?

Le 27 avril dernier, nous vous proposions un article sur la création d’un réseau « Plus jamais ça ! » dans les Hautes-Alpes.

Hein? quoi? ça quoi? (©Leo Artaud)

Réunissant des associations, des mouvements citoyens, partis politiques, syndicats, organisation mutualiste (ATTAC, la CGT, la FSU, Sud solidaires, Alp’ternatives, Collectif Solidarité citoyenne Briançon, UCL 04/05, les collectifs Jaune Toujours, Intersanté des Alpes du Sud, Printemps heureux, la Mutuelle de France Alpes du sud, Ensemble!, la FI, Gap autrement, le PCF) l’initiative à pour but « d’alerter (les) citoyen-ne-s et élu-e-s face à l’urgence sociale qui touche notre département » et notamment sur la « vague de pauvreté » sans précédent qui touche de plein fouet notre territoire.

Si les budgets sont alloués cette année, il va sans dire que l’année prochaine va être trèèèèèèèèèèèèèèès douloureuse et elle ne l’est jamais pour les mieux lotis. Mais le coronavirus n’est pas le seul élément de paupérisation… La réforme de l’assurance chômage dans notre département est une catastrophe pour l’économie touristique et agricole et par voie de conséquence de tout le secteur marchand.

On s’étonne que l’UPE 05 s’attache plus à l’ouverture de sa petite ligne aérienne de Tallard pour aller faire les beaux à Paris Capitale et se soucie si peu de l’avenir économique de ses adhérents locaux. Certes, ici et là ça grogne un peu, mais le syndicat patronal devrait être vent debout contre le retour des réformes du chômage comme des retraites (suspendues mais pas retirées) . Si l’UDESS 05 a bien accompagné les adhérents de son secteur, le commerce local est loin d’être soutenu à la hauteur de l’importance qu’il représente pour notre vie économique et sociale. Cependant, la Chambre des métiers et de l’artisanat a été plutôt très réactives et sauve un peu les meubles.

C’est dans ce contexte de « l’après » si ce terme veut dire quelque chose, ce qui est très discutable, que le réseau « Plus jamais ça! » tente de rassembler les bonnes volontés pour proposer de poser un diagnostic, des préconisations et enfin des solutions. Il ne s’agit pas, pour le moment, de construire une nouvelle force politique (mais ça viendra sûrement) mais de répondre à la gravité du moment. D’un point de vue gapençais, c’est intéressant de voir que les forces qui s’unissent aujourd’hui sont celles qui ont refusé de cheminer ensemble pour les municipales. Ce qui aurait peut-être permis à la Capitale douce d’avoir une force d’attaque dure pour affronter ce fameux « après ». Mais Gap n’est pas les Hautes-Alpes et le réseau maille au delà et à chaque moment son histoire.

Première réussite du réseau: rassembler de l’Union communiste libertaire jusqu’au PS de Gap autrement… Non mais, il fallait y arriver ! C’est dire que la situation est vraiment grave de chez grave. La seconde réussite, et pas des moindres, est de s’être rapidement entendu sur les revendications comme sur les modules de fonctionnement. Tout ça semble de bon augure et a le mérite de faire re-exister une gauche élargie atomisée par le confinement et l’état d’urgence sanitaire face à une droite tétanisée et de, de toute façon, inutile au bien commun.

Sur les questions sociales, le réseau reprend les revendications des mobilisations qui était engagées avant la crise. L’écologie devrait faire son entrée dans les débats dans les prochaines sessions, sans aucun doute. Il reste une question qui n’apparaît pas: celle de la liberté mise à mal et là… Tout le monde est aux abonnés absents. La gauche, dans son ensemble, n’a que peu réagit et a même soutenu des mesures liberticides sans vraiment les remettre en cause en dehors de quelques discours bien léchés mais peu résistants. Elle s’est même parfois vautrée dans du moralisme hygiéniste et sur-humaniste a vous clouer un anarchiste sur la croix de la souffrance rédemptrice.

Une autre question reste à venir: peut-on faire de l’après avec de l’avant? La réponse est simple: Il n’y a pas le choix si on ne veut pas que l’extrême-droite prenne le pouvoir. Et tous ceux qui, aujourd’hui, prônent des rassemblements avec le fascisme sous prétexte de s’unir contre les libéraux, sont des fous. Il n’est donc pas impossible qu’il vaille mieux s’entendre avec quelques-uns qu’on aime pas bien plutôt que de se retrouver sous la coupe de ceux qu’on déteste vraiment, demain.

Communiqué Plus jamais ça: à lire ICI

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