L'édito

Les couleurs de la discorde

Les premières cartes indicatives de la sortie du confinement dur ont été publiées jeudi sur le site du Ministère de la santé. Pour ce qui est de la circulation du virus, notre département est en vert. Elles seront mises à jour jusqu’au 7 mai sur le site du Ministère

Pour ce qui est de la tension hospitalière, notre territoire est en orange



La logique voudrait que nous soyons, en additionnant les deux critères, en vert caca…

Mais il n’en n’est rien du point de vue de ceux qui donnent les points de vue à voir…. Nous sommes en orange !

Autrement dit, selon que l’on regarde le vert à moitié plein ou le orange à moitié vide, nous sommes… pas sortis d’l’auberge ! Qui, elle, l’auberge, n’est de toute façon pas comprise dans la première phase de « déconfinement ».

Eh oui… La France a peur ! Mais pas de la même peur selon la couleur… Certains en vert ont peur et voudraient être en rouge… D’autres en rouge ont peur et voudraient être en vert… Et nous… On a peur que ça vire en vert-caca ou rouge-orangé.

Autrefois, il était de bon ton de se déchirer en famille, entre amis, sur la politique et dans les dîners, l’hôte faisait en sorte d’alimenter les discussions sur des tout et des riens pour ne surtout pas aller sur ce terrain. Mais il y avait toujours l’empêcheur de bouffer en paix qui ne pouvait pas s’empêcher de la ramener et ça partait toujours en cacahuètes ! (J’ai souvent été ce con là… D’autant que j’aime bien les cacahuètes!)

De nos jours, c’est le confinement qui créé la discorde. Entre ceux qui en veulent plus et ceux qui en veulent moins, ça bastonne sec ! Pour les uns, empreints de vertus morales qu’ils ne se soupçonnaient pas, il faut confiner jusqu’à l’absurde et pour les autres, empreints d’égoïsme à faire passer le diable pour un enfant de chœur, il faut tout ouvrir jusqu’à l’absurde. Pour les derniers, il faut un retour à l’anormal et pour les premiers, un jour d’après à la normale… et inversement disproportionnel. Notre gouvernement (eh oui… C’est le notre… Oui non mais je sais mais c’est le notre quand même!) la joue « en même temps » en proposant une sortie progressive dans une rentrée régressive.

Un retour à l’anormal serait de reprendre l’activité abusive et la consommation intensive en oubliant ces quelques semaines pour reprendre notre rythme destructeur de nous-mêmes, de notre planète et, si on est Elon Musk, de la voie lactée toute entière !

Un jour d’après à la normale serait de définir les contours d’une nouvelle morale teintée d’hygiénisme, de bienveillance toute religieuse, pour sauver nos bonnes âmes et la maman nature qui est si bonne et si maternelle.

Y a t-il une troisième voie? Une sorte d’équilibre entre deux maux qui ne se paye pas de mots? Peut-être le bon sens… Celui qui nous est assez naturel lorsqu’on n’est pas sidéré et noyé, asphyxié par la masse d’infos dramatiquement mise en scène et les contradictions permanentes de ceux qui sont sensés être… sensés, justement !

Comment, en effet, faire preuve de responsabilité lorsqu’on vous met des coups de bâton au sens littéral comme au figuré et parfois dans la figure. Le bon sens, c’est la chose qui ne requiert ni diplômes, ni longues études, et qui se déclenche lorsqu’on te dit « voilà la situation, voilà ce qui est possible de faire… à toi de voir ce que tu penses être au mieux »… A ce moment là… qui que ce soit, se met à réfléchir… Chacun à son rythme selon ses moyens mais aussi ses besoins. Le bon sens ne s’impose pas. Il ne se définit pas avec des laissez-passer, des amendes, des peines de prison, des leçons de morale, des gros yeux, des grands mots, des interdits, des obligations… Le bon sens a besoin qu’on ne le prenne pas pour un con.

Photo: Leo Artaud

Oh ! j’entends déjà les commentaires: « oui mais le français, il est comme ci, il est comme ça et il faut lui dire ce qu’il doit faire »… Laissez-moi vous dire ce que j’en pense tout net: ce sont des conneries !!! Et c’est ma conclusion.

Leo Artaud

le 2 mai, notre département est passé en vert:

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