Mouvement social et luttes

1er mai: Comment se manifester:

L’unité syndicats-citoyens n’est jamais simple a réaliser en temps normal, mais en période de confinement cela relève de l’exploit. Si les revendications sociales ne diffèrent pas des colères populaires, les moyens, comme le simple fait de l’action, sont toujours compliqués à mettre en oeuvre. Si tous les « pas content » agissaient de concert le même jour au même moment, nous aurions 10 millions de gens chaque 1er mai dans la rue, mais voilà… Tout fout l’camp et la mobilisation des masses de nos jours se touitent, se facebouquent, se ouatzapent… On lève le poing en cliquant sur un émoji.

« On voudrait que ça gronde
Sans agiter ses ailes
Voici le nouveau monde
Des combattants virtuels

Welcome sur le forum
De revolution.com
De l’action par e-mail
Des pavés en pixels
La souris se déplace
Et se bouge à ta place

Revolution.com
Comme ça manque de sueur »

(No one is innocent)

Eh bien, cette année, elle est de mise cette révolution.com. Un virus bien réel aura généré la nécessité d’un 1er mai virtuel viral ! Malgré les demandes de l’intersyndicale, l’autorisation de manifester en respectant les gestes barricades n’a pas été accordée par les autorités. La lutte des classes en 2020 revendique qu’elles n’ouvrent pas et la distanciation est devenue le slogan de la Sociale. Tout fout l’camp, j’vous dis ! On ne réclame plus de l’emploi mais de ne pas y retourner. On ne veut plus faire tomber les masques du capital, on veut que celui-ci en fabrique !

C’est ballot, alors que nous sommes dans l’année du centenaire du congrès de Tours qui construisit le mouvement ouvrier et verra naître dans la foulée le Parti communiste, le prolétariat est confiné soit à des tâches de « première ligne », soit au chômage de circonstance.

C’est dans ces conditions particulières que l’intersyndicale dans les Hautes-Alpes propose de se manifester par tous les moyens possibles: sur les réseaux sociaux, en affichant à sa fenêtre, sur son balcon des pancartes, des banderoles, des gilets jaunes, rouges, verts et donnent rendez-vous, tout de même à 14h30 devant la bourse du travail pour une conférence de presse.

Une autre proposition est faite et propose de faire jonction sur un mode plus solidaire à 10h30 devant la Préfecture de Gap. On vous détaille tout ça:

Communiqué appel libre:

Pour un 1er mai solidaire:

Retrouvons-nous devant la Préfecture de Gap à 10h30

  • À 10h30, une collecte alimentaire sera organisée en solidarité avec les habitante·s du Césaï1Apporter en priorité : riz, huile, sardines, œufs, oignons, sauce tomate, produits d’hygiène (savon, shampoing).
  • Nous partirons ensuite manifester : ne nous résignons pas face aux attaques de l’État et du patronat sur nos conditions d’existence (liberté, écologie, travail, services publics)

Tout ceci, en prenant soin de nous protéger : amenons des masques et gardons les distances physiques, car nous ne sommes pas tou·te·s égaux face au virus.

Vous pouvez nous rejoindre avec des denrées, en cochant la case de l’attestation : « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ».

Les temps sont durs. Utilisant l’épidémie de coronavirus, le gouvernement passe en force et accélère ses plans : renforcement des inégalités, dégradations des conditions de travail, extension du contrôle et de la répression. Les choix autoritaires du gouvernement, nous les subissons tou·te·s, mais certain·e·s de plein fouet. Les conséquences ne sont pas les mêmes pour les habitant·e·s des quartiers populaires, pour les femmes, les personnes handicapées, les enfants, les précaires, les enfermé·e·s, les personnes âgées, les personnes qui subissent le racisme, pour les prolétaires. Attestation de déplacement ou non, c’est bien souvent à la tête du client·e que les amendes sont distribuées. C’est avant tout la police qui décide de la légalité des motifs attestés. C’est toujours les mêmes qui paient de leur vie, de leur corps, et de leur psychisme.

La solidarité, le commun, ne sont pour les gouvernants que des fétiches, des mensonges agités pour nous calmer, pour continuer de nous imposer leur monde, leurs profits.

On est encore là ! Nous n’avons pas attendu que l’État nous y autorise pour exprimer notre solidarité et agir concrètement, comme nous n’attendrons pas son aval pour reprendre les luttes, les initiatives, pour construire ce qui nous semble juste et pour affronter ce qui nous détruit.

Nous le faisons depuis bien longtemps, au côté de celles et de ceux avec qui nous partageons un monde commun.

Nous appelons, à déconfiner la solidarité et à l’exprimer joyeusement dans les rues de Gap mais aussi partout ailleurs !

Décorons les murs, les balcons, diffusons cet appel ou d’autres, rejoignons les initiatives de luttes et de solidarité qui s’organisent, et cela à trois, à cinquante ou à des centaines de milliers.

Dans d’autres lieux des manifestations se préparent : à Montreuil, à Paris, mais aussi par-delà les frontières…

1. Le Césaï est un bâtiment occupé en centre ville de Gap depuis février 2019, où habitent de nombreux·ses personnes exilées ou sans domicile.

Communiqué de l’Intersyndicale:

Communiqué Solidaires 05:

Une pétition est également mise en ligne: « Plus jamais ça »

Evidemment, un 1er mai sans les vendeurs de muguet, notamment ceux du PCF et de l’Huma, n’est pas vraiment un premier mai. La Préfecture des hautes-alpes à diffusé un communiqué nous gâchant ce petit plaisir traditionnel:

Le Parti ne s’en laisse pas compter et organise une vente virtuelle:

Nous, nous avons nos slogans favoris:

« de l’argent pour l’hôpital ! pas pour le capital! »

Macron si tu savais ta politiqueuh ta politiqueuh

Macron si tu savais, ta politique où on s’la met !

Non non non ! nous nous déconfin’rons

quand les masques et le gel nous aurons !

au cul !au cul ! aucune hésitation !

c’est l’capital que nous confinerons ! « 

En résumé, en conclusion… Faites comme bon vous semble.

Leo Artaud

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