La chronique de Raoul

Faut-il sauver le soldat Humain?

La chronique de Raoul Le jeune

Raoul
Georges Brassens-La prière-Poème tiré du Rosaire de Francis Jammes

La question de notre survie n’est pas en jeu avec le covid-19, qui est loin d’être notre pire ennemi. Tout le monde sait bien que l’humain est le pire ami de l’humain, et nos pires ennemis sont toujours nos amis. Il est vorace, pervers, irraisonnable, il se pare de qualités qu’il invente pour mieux se justifier et justifier ses pires actes: l’intelligence, la créativité etc… Il n’est qu’une espèce parasite qui vit sur le dos de la bête jusqu’à l’épuiser pour assurer sa survie, sa propagation dont il voudrait élargir les frontières au delà de son habitat d’origine. Covid-19 est un petit joueur !

Humain va jusqu’à s’inventer des raisons supérieures invérifiables et donc incontestables, pour ne pas avoir à s’excuser d’être si impitoyable, c’est pitoyable. Ce sont les virus de tout genre qui devraient se confiner: ah la la ! Quelle erreur de choisir un tel hôte… Quelle faute de goût ! Qu’il est con ce coronavirus ! Il ne sait pas à quel point Humain est capable de se renier pour le mettre à terre. « Nous sommes en guerre » lance un trou du cul et Humain se fait soldat ! Tout ce qui peut le ramener d’une inévidence individuelle vers un miasme collectif est bon à prendre. « Il faut faire nation » et si ça ne suffit pas, sonneront les cloches des églises et les muezzins chanteront et les humains applaudiront… Et si ça ne suffit encore pas il en appellera à l’humanisme, cette religion sans besoin de dieu qui se prie en prenant un air grave et les yeux béants et l’air moisi des moralités acquises au fil de ses innombrables méfaits. Parce qu’il est comme ça Humain… Il se pare pour aller au combat ! Revêt sa plus belle tenue de guerrier du bien de soi contre le mal des autres. Ce n’est pas la vie qu’il veut libérer… C’est sa vie.

Faut-il sauver le soldat Humain? Eh bien oui, sans conteste oui ! Parce qu’il a commencé à muter avec l’apparition de la poésie. Faut-il en tirer la conclusion qu’à quelque chose malheur est bon? C’est probable et discutable. La poésie, vois-tu vulgaire coro, c’est ce qui rend vie à ce qui dépasse Humain. C’est ce qui le transforme d’ivraie en bon grain. C’est ce qui lui fait planter des arbres là où pierre qui déboule n’amasse que brousse. Et la poésie semble résister à toutes les forces virales… La philosophie, la science, les dieux, malgré leurs temples, leurs autels, leurs universités. Tout cela n’en n’est jamais venu à bout et telle une adepte du kung-fu, a su même en utiliser la force pour nourrir son énergie. Lorsqu’il prie, qu’il applaudi, qu’il chante ou qu’il fasse patrie, Humain ne peut s’empêcher de chercher une lumière qui le guide, une fleur au milieu du néant, un élan au milieu du malheur… . Et la seule manière de sauver un soldat? C’est de faire la paix !

Raoul Le jeune

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