France-Monde

Prendre de la hauteur…

Querelles en temps de crise

Alors que le temps filait à toute allure pour la plupart d’entre nous, que le quotidien battait son plein, le Covid-19 est venu mettre un bon coup de frein dans nos vies. Tandis que certains, alarmés par la situation en Chine, ont cédé à la panique, d’autres se sont sentis plus forts que le virus.

Vol au dessus d’un nid d’humains… (photo: © copyright Anthony Komarnicki)

Au fur et à mesure des jours, les prises de positions se sont affirmées. Pour partie, nous nous sommes élevés les uns contre les autres, chacun affirmant que son point de vue était le bon. L’écoute et la bienveillance ont été mises à mal, les accords toltèques refoulés bien loin derrière. Les critiques et jugements en tout genre ont fusé sur les réseaux sociaux, lors des réunions amicales et familiales. Nous avons confronté nos idées, parfois de façon virulente, allant de petites prises de bec jusqu’à la remise en question de liens plus profonds.

L’ambigüité et le doute qu’ont laissé planer le gouvernement sur la gravité de la situation n’a pas aidé. Certains se sont entêtés à nier les faits, se sentant jugés, voyant leurs libertés opprimées. D’autres se sont sentis perdus, démunis, ne sachant pas quel comportement adopter, observant de près ou de loin les conflits entre ceux qui avaient pris position. On a tendance à dire que c’est en temps de crise que l’on voit le vrai visage des personnes. Je n’en suis pas si sûre. Je veux croire que la méconnaissance et la peur de l’inconnu peuvent foncièrement changer des comportements, des perceptions. On ne peut pas affirmer que toutes les personnes qui se sont ruées dans les supermarchés pour faire des provisions sont égoïstes ou que toutes les personnes qui n’ont pas respecté les gestes barrières sont, elles aussi, égoïstes. Il y a sûrement d’autres paramètres qui rentrent en compte, liés au fait que nous sommes des êtres « sociaux », tel que l’effet de groupe. Cependant, cela ne nous a pas empêché d’avoir été déçus ou satisfaits des positions de nos proches, confortés dans l’idée que nous nous faisions d’eux, ou alors totalement surpris par leurs réactions.

Tardivement, le gouvernement a tranché. Le confinement limitant les possibilités, il n’y a plus lieu de débattre du comportement à adopter, ou presque… Globalement, les critiques ont cessé. La situation s’est apaisée. Chacun chez soi, c’est maintenant l’occasion d’avoir une réflexion individuelle sur le comportement que nous avons adopté et celui des autres, que nous n’avons pas forcément compris. La remise en question n’est pas toujours simple, mais elle semble nécessaire pour assurer une bonne cohésion dans la vie en communauté.

Fort heureusement, cette situation a également permis de mettre en avant d’innombrables élans de générosité ici comme dans le monde entier. Nombreux sont les actes de solidarité partagés et relayés sur les réseaux sociaux. Comme quoi, nous savons aussi nous serrer les coudes ! Et nous allons devoir « tirer le meilleur » de cette triste expérience, en sortir grandis et unis pour affronter les prochaines crises à venir ; je pense évidemment en premier lieu au réchauffement climatique, qui est à notre porte.

Anne Michel

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