Mouvement social et luttes

DIR-Méditerrannée :

DIR-Méditerrannée :

90 % de grévistes à Gap !

Blocage du dépôt, Cours Emile Zola. Crédit photo: Leo Artaud

Si Nathalie Loiseau, députée européenne LREM qui a déclaré « Il n’y a plus de grèves en France », était passée à Gap ce jeudi 13 février, elle en aurait vu une : celle des salariés de la DIR-MEDITERRANNEE (La Direction interdépartementale des routes-Méditerranée) à l’appel de la CGT-PTRI. en colère contre la circulaire du Premier Ministre du 15 janvier 2020 qui s’inscrit dans la poursuite de la politique de décentralisation et propose de confier la gestion des nationales aux départements, 90 % des agents ont décidé de bloquer le dépôt (Cours Emile Zola). Les revendications portaient également sur « le maintien du régime de retraite, du service actif et l’obtention de la bonification de 25 % des années passées dans celui-ci » précisant que « les agents intervenants dans les DIR ont en moyenne 5 années d’espérance de vie en moins et sont soumis à une pénibilité et dangerosité de tous les instants » selon la CGT.

Edouard Philippe a écrit à tous les Préfets de région et de département pour leur demander d’engager une concertation sur tous les services, aujourd’hui de la responsabilité de l’état, pour les transférer aux collectivités territoriales. Tous les secteurs publics sont concernés hors des services concernant les Libertés publiques, la Défense… . La forte mobilisation des agents démontre une inquiétude sur le transfert des compétences qui seraient dévolues au département pour les routes nationales.

Blocage du dépôt, Cours Emile Zola. Crédit photo: Leo Artaud

Si 98 % du réseau routier est déjà départemental, il n’en reste pas moins que le réseau des nationales est spécifique et les prérogatives de gestion sont distinctes des routes locales. Assurer la correspondance entre les grands axes implique une vision plus large de la carte et la multiplication des compétences laisse songeur sur la volonté affichée du gouvernement de « simplifier et réduire le mille-feuille ». L’obligation constitutionnelle de maintenir la péréquation territoriale des moyens et de financer les nouveaux coûts des collectivités, ne permet pas de supposer que le contribuable sera gagnant.

Le désengagement de l’état depuis 1982 n’a pas fait baisser l’impôt… Il n’y a que l’adresse de la créance qui change. L’autre inquiétude est ce que ce gouvernement entend par « concertation » au regard des méthodes utilisées pour les réformes précédentes. La circulaire du 15 janvier fait référence au « Grand débat national » qui, pour beaucoup, relevait plus d’un stand-up du Président Macron que d’une véritable assemblée démocratique.

En fin de journée, les agents ont défilé dans la ville avec les véhicules de service et doivent décider, ce vendredi 14, des suites du mouvement.

Xavier Chanoine

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